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Jean Roll, peintre

 

Né à Genève en 1921, décédé à Mies le 5 juin 2015.
De 1937 à 1941 École des Beaux Arts de Genève.
Expositions, décors de théâtre, mosaïques, vitraux.
En 1952, nommé professeur à l'École des Arts décoratifs.
1973, séjour d'une année à l'Institut suisse de Rome.
Nombreuses expositions en Suisse, France, Italie, Allemagne, Amérique.
Vivait et travaillait à Mies depuis 1975.

Une heure avec Jean Roll (Reportage photographique de Jean-Luc Ray)


Jean Roll dans son atelier de Mies (Photos Jean-Luc Ray)


Oeuvres choisies...

« Je n'aime pas beaucoup le mot de "nature morte".
Je lui préfère le mot allemand "Stilleben" car ce que j'aime,
c'est la vie tranquille et secrète des objets. »

Tapisserie: 2,40x3,60 m

 

Ange

 

Jean Roll - Miroir

 

La pie voleuse

 


Journal La Côte
du 13.12.2004

(...) A 83 ans, Jean Roll a passé l’âge de la polémique, un mot inapproprié pour qualifier son œuvre, étonnamment linéaire en 67 ans de carrière. Je ne suis pas hyperréaliste, pas réaliste, pas surréaliste. Je suis ce que je suis, lâche amusé ce personnage robuste et toujours exalté.
Ses nus, ses portraits et surtout ses natures mortes, qui baignent dans une atmosphère sombre, sont reconnaissables entre mille. Un obélisque se dresse souvent à proximité d’une boule. Ce symbole phalique intrigue les psys, avoue le peintre, sans avoir l’air de s’en préoccuper.

Impossible d’expliquer ce qu’est un «Roll», sans passer par la case départ: ma mère était comédienne et danseuse. Je suis né dans un théâtre. Donc ma peinture est faite de gestes, de mises en scène. Son atelier ressemble plus aux coulisses d’un théâtre où une multitude d’objets fétiches sont conservés. Il a d’ailleurs recréé sa propre scène: un rideau noir s’ouvre sur un vase, une vasque, une plume.

Installé à Mies dans une maison qu’il a imaginé lui-même, il esquisse ses débuts laborieux, aux refrains de La Bohême chantée par Aznavour.

On voulait en faire un notaire, il est devenu artiste et s’est formé aux Beaux-Arts de Genève. Il quitte ce monde merveilleux en 1941, en pleine guerre mondiale. Personne ne voulait des papillons que j’avais dans la tête. Alors avec des copains, on s’amusait à peindre. Je ne sais pas de quoi j’ai vécu… Sa première femme l’a sauvé, dit-il. J’ai des amis qui en sont morts.
Son parcours professionnel le conduira jusqu’à l’Ecole des Arts décoratifs de Genève. Il y enseignera le dessin d’observation pendant 36 ans, jusqu’en 1987. Depuis, il n’a pas posé ses pinceaux.

Après un court calcul, Jean Roll estime avoir réalisé 3000 à 4000 toiles.

Le tableau ne reste jamais plus de trois heures sur son chevalet. Normal, il peint le temps d’une pièce de théâtre. Son œuvre la plus marquante? La prochaine! Et le peintre, un peu comédien, ajoute avec une touche d’ironie: elle sera ratée comme toutes les autres.

L’artiste a exposé dans une cinquantaine de lieux. Jean Roll n’a cessé d’exposer depuis 1942, en Suisse, en France,
en Allemagne, en Espagne, aux Etats-Unis. Le Musée Rath de Genève, l’Institut suisse de Rome, l’ont entre autres accueilli. Il a réalisé, par ailleurs, des décors pour l’église d’Aire-la-Ville, pour le Grand Théâtre de Genève. Il a composé des vitraux pour l’église Sainte-Thérèse à Genève et des mosaïques dans des immeubles. Insatiable, il prépare un projet, qu’il souhaite garder secret.

Sophie Roselli